ACADEMIE REGIONALE DES SCIENCES ET TECHNIQUES DE LA MER

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Institut de Sécurité Maritime Interrégional

 
ACTUALITES

 

LA LUTTE CONTRE LA PECHE ILLICITE NON REGLEMENTEE NON DECLAREE (INN) AU PROGRAMME A L’INSTITUT DE SECURITE MARITIME INTERREGIONAL (ISMI)

 

L’Académie Régionale des Sciences et Techniques de la Mer atteint sa vitesse de croisière en termes de formation sur la sécurité et la sûreté maritimes à travers l’ISMI. Après le récent séminaire sur la lutte contre le narco trafic en haute mer, c’est autour de la préservation des ressources halieutiques que les acteurs du domaine maritime du Golfe de Guinée ont planché durant 4 jours à Grand-Bassam.


En avril 2015, à BASSAM, un séminaire rassemblant autorités de la Côte d’Ivoire et les acteurs de la coopération française dans le domaine de l’Action de l’Etat en mer avait porté sur les fonts baptismaux la création de l’Institut de Sécurité Maritime Interrégional.


Deux ans plus tard, à BASSAM, et pour célébrer cet anniversaire, l’ISMI, avec le concours de la coopération française, organise une session dédiée à l’un des sujets majeurs concernant le Golfe de Guinée : la lutte contre la pêche Illicite Non déclarée, Non réglementée (INN).


Par ailleurs, l’ISMI poursuit son ouverture vers les pays lusophones, tout en captant l’attention des pays francophones et anglophones, tous signataires du  Protocole de Yaoundé (2014) et à la Déclaration de Lomé sur la sûreté et la sécurité maritimes (2016).


Des participants de haut niveau


Ce sont au total 28 participants et 6 formateurs de 14  pays: Angola, Bénin, Cap Vert, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, RDC, Sierra Leone, Togo qui ont pris part à ce séminaire de formation. Tous sont impliqués dans la chaîne décisionnelle : de l’officier de police judiciaire, officier de marine, inspecteur des pêches, douanes, affaires maritimes jusqu’au magistrat, sans omettre les personnels impliqués dans la coopération régionale telle qu’elle résulte du Protocole de Yaoundé.


Ainsi, plusieurs questions ont été abordées pendant les 4 jours : les accords existants en matière de lutte contre la pêche INN, la politique européenne des pêches (Délégation de l’Union Européenne), les règlementations nationales, l’application concrète des dispositions de prévention et de lutte contre la pêche illicite, notamment à la lumière de cas pratiques, l’expérience du Gabon (présence du directeur général de l’Agence Nationale de l’Aquaculture et des Pêches), et celle du  Cap Vert (directeur du COSMAR).


Avec l’aide de la Direction de l’Aquaculture et de la Pêche de la Côte d’Ivoire, un exercice d’inspection de navires a même été réalisé.


Cet évènement marquant pour l’ISMI constitue un cas unique pour des échanges d’expériences entre gens de métiers,  originaires de la plupart des pays du golfe de Guinée. Pour marquer la prise de conscience des acteurs présents au séminaire, des recommandations ont été faites pour mettre fin à la pêche illicite sur nos côtes.


Des recommandations…


ENCOURAGER LA COOPERATION :



  1. Encourager les initiatives en matière de coopération multilatérale pour bâtir un front uni face aux dommages causés par la pêche INN. Ce qui se résume à plaider en faveur d’une politique africaine commune des pêches aux plus hauts niveaux politiques, conformément au Protocole de Yaoundé (2014) et à la Charge de Lomé (2016) citant ce fléau parmi les crimes maritimes.

  2. Ratifier l’Accord de la FAO de 2009, qui inclut des clauses contraignantes et permet d’exclure de la commercialisation des captures issues de la pêche INN.

  3. Prôner l’obligation de transparence dans tous les accords de pêche, et pas seulement entre les pays d’Afrique et l’Union européenne telle que ce principe est déjà appliqué (traçabilité).

  4. Préférer les accords entre Etats plutôt que laisser se développer les litiges.

  5. Faciliter l’exercice du droit de poursuite dans les zones économiques exclusives (ZEE), notamment en signant des protocoles d’accords bilatéraux.


 FACILITER LA COORDINATION INTERMINISTERIELLE



  1. Consolider les structures de coordination interministérielle pour faciliter le travail entre Ministères (en particulier entre Direction chargée des pêches, marine, affaires maritimes et douanes) autour d’un objectif commun qu’est la lutte contre la pêche INN.


 ACCELERER L’ACQUISITION ET LA MISE EN ŒUVRE DE MOYENS DE SURVEILLANCE ET D’INTERVENTION



  1. Mieux surveiller les zones de pêche par des systèmes de surveillance dédiés et échanger ces informations à l’échelle régionale en s’appuyant sur les structures issues du Protocole de Yaoundé, en particulier le Centre Interrégional de Coordination situé à Yaoundé.

  2. Mutualiser les moyens en constituant des patrouilles conjointes composées de plusieurs nationaux.

  3. Favoriser les embarquements d’équipes mixtes (inspecteurs des pêches/ Marines)


IMPLIQUER LES PÊCHEURS PROFESSIONNELS DANS LA SURVEILLANCE DES ZONES DE PÊCHE ET LA PROTECTION DE LA BIODIVERSITE (SURVEILLANCE PARTICIPATIVE)



  1. Impliquer les pêcheurs locaux dans un dispositif de surveillance et d’alertes, les professionnels étant considérés comme les meilleurs observateurs ; et qui participent à la protection des espèces menacées (tortues, cétacés, requins…).

  2. Former les professionnels nationaux ou non aux respects des règlementations et par conséquent à la protection de la biodiversité ;

  3. Contrôler et valoriser les captures accessoires (qui, au lieu d’être rejetées à la mer peuvent alimenter certains marchés) ;


 SE DOTER D’UNE LEGISLATION ADAPTEE



  1. Harmoniser les législations des Etats, notamment en matière de sanctions (dissuasives) et de mesures de gestion des stocks ;

  2. Faire en sorte que le produit des amendes puisse contribuer à augmenter les moyens dévolus à la lutte contre la pêche INN.

  3. Ne pas accorder de licences plus que ne peuvent supporter les ressources halieutiques.

  4. Réglementer l’installation et l’exploitation des Dispositifs de Concentration de Poisson (DCP) en prônant la limitation de leur nombre et les matériaux utilisés (biodégradables) ;

  5. Renforcer la recherche scientifique et les systèmes de collecte de données en matière de captures et de ventes ;


 RENFORCER LES CONNAISSANCES DES INSPECTEURS DES PÊCHES



  1. Multiplier les formations spécialisées d’inspection des pêches (à l’échelle interrégionale et interministérielle) de personnes habilitées et cela pour un meilleur traitement réservé aux infractions en matière de pêche.


La sécurité et la sûreté maritimes ont un impact sur la vie de nos populations. C’est pourquoi d’autres sessions de formations sont en préparation pour les mois à venir. Consultez régulièrement notre site web www.ismi-ci.org pour y prendre part et rester au fait de notre actualité.


KORANDJI NZ

 

Partenariat entre le Japon et l'ARSTM